Applications mobiles : Web ou embarquées ?

L’actualité mobile d’OCTO a été très dense ces dernières semaines. Mes collègues ont en effet sorti 3 applications pour iPhone :

  • Une application pour un de nos clients dans l’assurance (plus de précisions dans une quinzaine de jours).
  • OCTO Talks ! : une application qui permet de consulter l’actualité du blog OCTO de manière asynchrone (par exemple dans le métro), à la manière de l’application du Monde.fr
  • iDailyScrum : un chronomètre pour rendre les Daily Scrum plus efficaces et amusants

Nous  travaillons aussi sur des applications Web mobiles connectées au SI pour l’interne et pour nos clients.

J’en profite pour évoquer une question dont je discute fréquemment avec mes collègues : « la croissance de l’AppStore va t’elle continuer ou bien les entreprise vont elles au contraire se tourner vers des applications Web mobiles ? »

Avantages des applications embarquées

Selon mes sources, l’AppStore d’Apple compte aujourd’hui 100 000 applications, l’Android Market environ 13 000 applications, le Windows Marketplace environ 400 applications. L’AppStore est très en avance : Apple a en effet créé et développé le modèle de plateforme de téléchargement intégrée à un système mobile. A noter : un concept proche était déjà présent dans la distribution Linux Ubuntu.

La principale nouveauté lancée par Apple avec l’AppStore est le modèle de rémunération partagé avec les développeurs. Il est devenu possible pour des indépendants de se rémunérer sur de petites applications bon marché distribuées à grande échelle. Ce modèle de micro-paiement rémunérateur était jusqu’alors réservé à de grandes entreprises : il est devenu accessible à n’importe quel Geek. Un de mes collègues double ainsi son salaire avec une seule application iPhone. Les applications Web étant généralement gratuites, l’écosystème iPhone est devenu un eldorado pour les développeurs. A noter : la gratuité des applications Web n’a pas vraiment de fondement, elle est liée à un consensus de fait : nous sommes peu enclins à payer pour un service Web. De la même manière, les opérateurs télécom ont toujours financé les téléphones et peuvent difficilement revenir en arrière aujourd’hui.

Les applications embarquées offrent d’autres avantages :

  • Meilleure intégration à l’interface du système mobile (boutons d’action positionnées au pixel près en bas d’écran, clavier virtuel, etc.)
  • Capacité à utiliser des périphériques spécifiques  (GPS, accéléromètre, lecteur RFID, lecteur NFC, etc.)
  • Gestion du mode déconnecté par stockage local

Dans le cas de l’iPhone, le SDK permet aussi une grande rapidité de développement, supérieure à celle d’une application Web selon mes collègues ; et l’effet de mode joue : toutes les entreprises veulent leur application iPhone.

Avantages des applications Web

En théorie, les applications Web permettent une consultation depuis tous les types de terminaux mobiles. Cet avantage est à relativiser car les capacités des terminaux varient grandement sur 2 aspects :

  • la taille de l’écran, et la capacité à zoomer depuis le navigateur
  • la gestion du JavaScript ou du format Flash

De plus, les applications Web ne gèrent pas le mode déconnecté et les périphériques spécifiques. Cet état de fait va changer avec HTML5, la nouvelle mouture de HTML en cours de finalisation. Elle gérera en particulier le mode déconnecté et la géolocalisation.

Quelques exemples d’applications HTML5 existent déjà comme les versions de Google Latitude et Gmail pour iPhone : elles offrent un très bon niveau d’ergonomie. Si HTML5 se développe, il pourrait arriver ce qu’il est arrivé sur PC depuis 10 ans : le déclin des applications embarquées au profit des applications Web. Et l’expansion de l’AppStore pourrait s’inverser. Un autre facteur pourrait aller dans le sens de la décroissance de l’AppStore : la fin de l’effet de mode et la disparition des applications « anecdotiques ». Enfin, Apple pourrait inciter cette décroissance pour rendre l’offre applicative plus lisible.

Qu’en pensez vous?

Guillaume Plouin

Directeur informatique chez Deveko. Auteur chez Dunod. Conférencier autour du Cloud et des Géants du Web.

Cet article a 7 commentaires

  1. François

    Doubler son salaire ! Sur quelle appli ?

  2. Guillaume Plouin

    C’est véridique.
    J’ai invité mon collègue à faire un commentaire pour parler de son expérience…

  3. Romain

    Effectivement, doubler son salaire c’est pas mal. Moi par exemple avec mon appli, je récupère un salaire tous les 20 ans 🙂 .
    Je vois un autre avantage des applications embarquées, sur iPhone en tout cas, c’est la possibilité d’avoir un mode plein écran. Sur safari mobile, il n’est pas possible de faire disparaitre la tab bar en bas de l’ecran, et la status bar (celle qui indique l’heure et l’état du réseau) non plus.
    Par ailleurs, même si cela évolue très vite, les performances des applis embarquées sont plus importantes.
    Pour finir, je soupçonne google d’offrir un débit très faible pour les accès imap contrairement à celui qu’on a quand on est connecté au web mail … Du coup les applis embarquées se connectant au net peuvent souffrir d’une certaine lenteur dûe au faible débit offert par certains services en ligne… Avec google reader et gmail la différence est très importante

  4. JFG

    Sur l’application iTimeSheet : http://itunes.com/apps/itimesheet

    Ceci était surtout vrai la première année, depuis je mets moins l’application à jour et elle se retrouve donc moins souvent dans le classement des applications récentes, donc moins de visibilité et … moins de téléchargements. J’ai vendu 10 000 applications en 15 mois.

    En contre partie c’est à peu prés 15h de travail hebdomadaire.

    Mon opinion d’entrepreneur est que l’engouement des développeurs est drivé par le fait que l’on peut vivre de ses développements sans trop d’efforts autres que le développement (frais sur les paiements, paiements dans tous les pays, etc.). Le web n’a pas encore réussi à proposer ça de manière simple.
    L’AppStore est en prime une superbe vitrine même si elle est polluée par un grand nombre d’applications, certaines catégories comme « Business » ou « Finance » ne comptent que quelques centaines d’applications ce qui offre une meilleure visibilité.

    Apple a conscience du problème de la surabondance des applications et commence à créer des espaces qui mettent en valeur les applications, à l’image de ses iTunes Essentials : les AppStore Essentials (visible sur l’AppStore US). Le site Web d’Apple a également mis en avant des applications : http://www.apple.com/iphone/business/apps-for-iphone/

    L’AppStore est un modèle qui évolue, les gens parlent de son avenir en prenant la croissance d’aujourd’hui et en estimant ce que la plateforme serait. Ils extrapolent et oublient de prendre en compte le fait que l’AppStore évoluera. Dernier exemple en date. Le temps de publication longtemps décrié par les détracteurs d’Apple. Alors que l’on mettait 2 à 3 semaines pour avoir une version approuvée, selon mes dernières expériences, le temps est passé à moins de 2 jours et 10h pour certains développeurs.

  5. JFG

    Romain,

    Il est possible de faire disparaitre la tab bar de Safari en mettant l’application sur le Springboard.

    En fait la question est simple, combien de personnes utilisent les raccourcis de Safari ? Combien ajoutent des sites sur leur springboard (bureau iPhone) ? Ces questions résument bien l’enjeu des applications et leur succès.

    En ce qui concerne le développement de Web-App, les développeurs passent un temps fou à refaire des composants qui sont standards dans le SDK iPhone. Même si des frameworks comme JQTouch font une partie du travail, ils sont souvent pas ou peu documentés et leur comportements ne sont pas toujours satisfaisants.
    Tout ça pour avoir un composant standard. Or les applications d’aujourd’hui sont déjà passées à l’étape suivante en développant des interfaces plus léchées, en customizant le standard, en ajoutant des nouveaux composants. De plus, une fois que l’on aura développer une application mobile au design de l’iPhone avec les composants de l’iPhone, qu’en penseront les utilisateurs Androïd ?

    Ceci dit, les applications Web peuvent être un bon moyen de faire du mobile à peu cher à condition de ne pas vouloir mimer une application.

  6. Mamaf

    Bonjour,
    je pense également que les applis web deviendront la norme sur les terminaux mobiles (smartphones mais aussi bientôt tablettes).
    L’avantage des applis web est effectivement de ne pas dépendre des caractéristiques techniques et notamment ergonomiques des terminaux. On y perd un peu en ergonomie mais on y gagne bien sûr en portabilité. Et au vu du nombre de systèmes d’exploitation qui fleurissent, on y a tout intérêt.
    le seul problème à régler maintenant est de standardiser le navigateur (allez microsoft, encore un petit effort !).

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