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Mois : octobre 2009

Les producteurs de musique sont-ils honnêtes ?

Posted in perspectives

Ce billet un peu polémique est issu d’une sorte de prise de conscience, à la suite de diverses discussions.

Les producteurs de musique défendent, selon leur discours dominant, le droit d’auteur contre de la menace du téléchargement illégal. Or, qu’est réellement que le droit d’auteur pour l’utilisateur final lorsqu’on y réfléchit de près ? Pour moi, il s’agit d’acheter le droit d’accéder à une œuvre pendant un période définie. Par exemple, j’achète à une major du disque le droit d’écouter un artiste indéfiniment en payant le CD correspondant.

Or que nous proposent ces producteurs ? Un support physique, sous la forme d’un CD, qui contient la musique ou le film dont nous achetons les droits perpétuels. Ce support est par définition non pérenne. La durée de vie d’un CD n’est pas illimitée, sans parler des possibles casses et pertes. Les producteurs nous vendent donc très cher (cf. le prix des CD musicaux) un service qu’ils n’assurent pas.

A contrario, Apple et Amazon nous vendent bien un droit perpétuel : lorsqu’on change d’iPod ou d’iPhone, on peut recouvrir sa musique depuis iTune Store pour la consulter sur un autre support ; lorsqu’on change de Kindle, on peut recouvrir ses eBooks sur le site Amazon.

De la même manière, les plateformes de vidéo à la demande (cf. ce billet) nous vendent un droit d’accès ponctuel à une œuvre, qu’elles assurent effectivement.

Et le modèle de « licence globale » de Spotify assure bien le service payé par l’utilisateur, quelque soit son interface physique.

Je pense donc que les plateformes numériques de musique / vidéo / ebook  sont la seule manière de vendre honnêtement des œuvres à des utilisateurs. Les producteurs qui essaient de faire perdurer les modèles du passé sont dans l’erreur, dans un paradigme caduc. Pour moi, l’équilibre de la période précédente ne reviendra pas : Kodak et Polaroïd n’ont pas eu la possibilité d’empêcher l’avènement de la photo numérique, les producteurs de musique/films ne pourront pas résister indéfiniment à une évidence.

Personnellement, je pense même qu’un autre paradigme est en fin de vie : celui de la possession des œuvres. Pour moi, seul le modèle de consommation à la demande des musiques / films / livres perdurera. Et la meilleure façon d’accéder à une œuvre est de voir l’artiste la présenter…

Bureautique : allons nous vers le tout Web ?

Posted in tendances

IBM vient de faire une annonce intéressante sur sa stratégie de poste de travail, et j’ai eu l’occasion d’échanger récemment avec des personnes de Microsoft sur le sujet. C’est l’occasion de proposer un petit état des forces en présence dans la collaboration.

Microsoft

Google

IBM

Apple

Système exploitation PC

Windows 7

ChromeOS

Ubuntu

MacOS

solution bureautique C/S

Office

Symphony

iWorks

solution collaboration interne

Exchange/SharePoint

Lotus Domino

solution collaboration SaaS

BPOS

Office Web App

Google Apps

Lotus Live

iWork.com

Me.com

Système exploitation mobile

Windows Mobile

Android

iPhone

solution collaboration mobile

Pocket Office

iNotes sur iPhone

Accès mobile solution collaboration SaaS

Office Web App

Google Apps

Google

Avec Google Apps, Google a fait le choix d’un outillage collaboratif SaaS complet full Web. Ce choix permet une grande accessibilité des applications depuis le bureau, le domicile, un Web Café, un téléphone, etc.

L’interface de Google Apps est minimaliste et simple à prendre en main. Tous les documents sont édités et stockés sur la plate-forme de Google. Elle offre :

  • le partage des documents
  • le versioning des documents
  • la coédition simultanée à plusieurs.

L’utilisateur néophyte n’a pas à se soucier de l’emplacement de ses documents, il n’a pas à les classer, ces derniers sont facilement accessibles dans Google Docs.

Google a annoncé pour 2010, ChromeOS,  un système d’exploitation Open Source simplifié dont l’objectif est de permettre aux entreprises de se débarrasser des coûts de Windows/Office. Notons cependant que Google Docs n’offre pas les fonctionnalités et la productivité d’Office. L’application devra encore évoluer avant de convaincre les entreprises de se séparer d’Office.

Pour compléter son offre, Google propose Android, un système d’exploitation mobile Open Source. Android offre un accès pratique aux fonctions de messagerie/agenda/contact de Google Apps, mais l’accès à Google Docs est en lecture seule.

Microsoft

Microsoft est aujourd’hui le leader incontesté des applications collaboratives avec le couple Windows/Office côté poste de travail et le triptyque Exchange/SharePoint/Live Communication coté serveur.

Office offre une grande productivité, mais ne propose pas :

  • le partage des documents
  • l’accessibilité depuis un poste autre que son poste de travail professionnel
  • la coédition simultanée à plusieurs

L’usage d’Exchange permet le partage des documents. Mais pour l’accessibilité et la coédition, une suite bureautique Web est nécessaire. C’est pourquoi Microsoft va lancer Office Web Apps en 2010 (voir ce billet). Cette solution sera disponible en SaaS ou internalisable.

L’utilisateur des produits Microsoft va donc se voir proposer 2 interfaces quasi identiques : Office et Office Web Apps. Si ce choix satisfait les technophiles comme moi, il peut décontenancer les utilisateurs néophytes : quand utiliser Office ? Quand utiliser Office Web Apps ? Les deux suites seront elles lancées depuis le menu démarrer de Windows? Quid des scénarii hybrides, où je collabore avec un collègue qui utilise Office, tandis que j’utilise Office Web Apps? Aurons nous les mêmes fonctions que si nous utilisions tous deux la même interface? Etc. De plus, les utilisateurs de Windows Mobile bénéficieront d’une bureautique embarquée.

Un autre aspect risque de perturber l’utilisateur : il pourra sauvegarder ses documents sur son PC, un serveur de fichier, un serveur Exchange interne à l’entreprise, Office Online, SkyDrive. Il est à espérer qu’il ne se perdra pas en chemin. Et ce d’autant plus qu’il pourra choisir entre un scenario centralisé et un scenario Peer to Peer avec Live Mesh. Comme je l’ai déjà dit sur ce blog, la propension de Microsoft à multiplier les possibilités peut parfois perdre les utilisateurs…

IBM

IBM vient d’annoncer un accord avec Ubuntu pour proposer un environnement de travail complet et indépendant de Windows/Office. Ses utilisateurs se verront proposer :

  • Ubuntu comme système d’exploitation
  • Symphony (un clone d’Open Office) comme suite bureautique
  • Lotus Domino comme solution de collaboration internalisable
  • Lotus Live comme solution de collaboration SaaS

Si IBM a été pendant longtemps le leader des outils collaboratif avec Lotus, l’entreprise se trouve aujourd’hui en position de suiveur. Lotus Live propose un espace de stockage sans bureautique Web, et les possibilités d’accès depuis un mobile sont très limitées.

Apple

Apple est clairement un outsider dans ce panorama, car son offre entreprise est quasi inexistante.

Ses systèmes d’exploitation pour PC et mobile connaissent un grand engouement pour leurs qualités ergonomiques. Par contre, sa suite bureautique client/serveur iWork connaît une adoption anecdotique.

J’ai choisi de mentionner Apple, car cet acteur prend aussi la direction d’une collaboration Web : il est dors et déjà possible d’accéder avec Me.com à un ensemble mail/agenda/contact.

Avec iWork.com, il est possible de visualiser et commenter des documents.  Apple offrira probablement l’édition en ligne dans le futur.

En conclusion

Je crois beaucoup à la collaboration et la bureautique entièrement SaaS. Je me pose cependant les questions suivantes :

  • Google parviendra t’il à développer une bureautique du niveau d’Office en JavaScript?
  • Microsoft pourra t’il aller un peu plus loin avec Silverlight? Jusqu’au ira le développement d’Office Web App? Microsoft prendra t’il le risque de concurrencer sa suite historique?
  • Verront nous apparaitre une bureautique en Flash un peu plus évoluée qu’Adobe BuzzWord?

Plus d’informations en 2010…

Futur du poste de travail : Cloud PC & poste virtuel

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J’ai eu l’occasion d’échanger avec différentes personnes intéressantes lors de la journée Poste de travail, organisée il y a quelques temps par 01 Informatique. J’ai digéré ces informations, et je vous propose ici ma vision de l’évolution du poste de travail.

Le poste de travail aujourd’hui

Aujourd’hui, nos entreprises utilisent essentiellement des PC Intel/Windows/Office,  souvent surdimensionnés pour des besoins basiques de type collaboratif. J’ai déjà abordé le sujet sur le site de l’atelier.

Si les alternatives tels que les netbooks sont peu répandues, c’est essentiellement car Windows est le système le plus versatile du marché. Il constitue une forme de garantie si jamais on avait besoin d’une (hypothétique) fonction avancée dans le futur.

Le prix à payer pour cette versatilité est  lourd : problématiques de télédistribution, de gestion anti-virus, de gestion de configuration, d’obsolescence rapide, etc.  Et Le TCO d’un poste utilisateur peut aller jusqu’à 10 000€/poste et par an, selon Gartner.

La piste du Cloud PC

Le « Cloud PC » est un néologisme que j’introduis ici pour évoquer un appareil dédié à l’usage exclusif d’applications SaaS telles que Google Apps, Salesforce, WebEx, etc. (je l’avait intitulé FirePC dans ce billet, en me focalisation sur Firefox).

Le Cloud PC utilise uniquement des interfaces RIA (Rich Internet Application). Il sait répondre à l’incontournable problématique du mode déconnecté de manière propriétaire, grâce à Google Gears. Dans le futur, il y répondra via le standard HTML5.

Le Cloud PC présente un certain nombre d’atouts : il permet un accès simple aux applications pour l’utilisateur en situation de nomadisme ou à son domicile ; la perte ou le vol du Cloud PC est sans importance pour la sécurité des données d’entreprise car il représente une simple interface.

Quelques projet en phase de R&D aujourd’hui vont dans le sens du Cloud PC : Google a par exemple annoncé Chrome OS un système d’exploitation destiné uniquement à exécuter un navigateur. Les systèmes allégés JoliCloud et Moblin vont aussi dans ce sens, avec en cible un poste à moindre coût.

La piste du poste virtuel

L’idée d’exécuter les environnements utilisateurs sur une machine centrale est proposée depuis quelques années par Citrix, VMware ou Microsoft sur des terminaux passifs NEC, HP ou Wyse.

La genèse de ce modèle a été basée sur les deux constats suivants :

  • Il est parfois impossible de se couper brutalement du parc applicatif client/serveur reposant sur Windows.
  • Il est souhaitable de simplifier les problématiques de gestion de parc en centralisant les machines.

Citrix a donc été l’initiateur du concept de « virtualisation d’application ». Puis le désir de d’utiliser le même principe pour l’ensemble du poste de travail a fait émerger l’idée d’un « poste virtuel » rendu possible par la montée en puissance des technologies de virtualisation. L’idée consiste à conserver un socle utilisateur sous Windows, mais ce socle est exécuté par une machine serveur centralisée.

De même que le Cloud PC, le poste virtuel simplifie les problématiques de gestion de parc et de sécurité des données. Il autorise un moindre coût, et un certain nombre de perspectives intéressantes :

  • Avec un terminal passif propulsé par un simple hyperviseur, il est envisageable à terme de se passer de système d’exploitation en appelant uniquement des applications virtualisées. Cette perspective permet d’envisager une réduction de coûts supplémentaire.
  • L’hyperviseur du terminal passif devrait permettre, à moyen terme, de charger la machine virtuelle en local et de fonctionner en mode déconnecté. La machine virtuelle serait alors synchronisée avec le serveur lorsque celui ci serait à nouveau disponible.
  • Un hyperviseur sur mobile (iPhone, Blackberry, etc.) devrait permettre d’accéder prochainement à son poste virtuel en situation de mobilité.
  • L’isolation de toutes des données et applications d’entreprise sur une machine virtuelle autorise l’usage d’un terminal utilisateur banalisé. Cette perspective permet d’envisager, à moyen terme, l’achat de sa machine par l’employé lui même. Ce nouveau modèle de gestion du poste utilisateur commence à être envisagé par un certain nombre d’entreprises.

En conclusion ?

Pour moi, le Cloud PC est la cible à long terme. En effet, le RIA répond aujourd’hui à toutes les attentes utilisateurs (ergonomie, productivité, gestion du mode déconnecté) et à celle de la DSI (moindre coût, et simplicité de déploiement).

Pour les entreprises qui conserveront un parc client/serveur pendant encore quelques années, le poste virtuel est la bonne alternative. Il répond différemment, mais efficacement aux besoins des utilisateurs et de la DSI.

Il me semble que, dans tous les cas, le modèle WinTel est fortement challengé.

Qu’en pensez vous?

Test d’Office Web Application

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Microsoft a bien voulu me donner un accès en avant première à Office Web Application, que j’attendais avec impatience depuis mon passage à la PDC2008. Il s’agit, pour mémoire, de l’équivalent Microsoft de Google Docs : une solution bureautique qui s’exécute dans un navigateur.

Je teste l’outil depuis hier.

Le positionnement d’Office Web Application

D’après les annonces de Microsoft, Office Web Apps sera gratuit pour le grand public, et vendu avec le Pack Office pour les entreprises. Ma compréhension de l’offre entreprise est la suivante : Microsoft considère qu’une bureautique en ligne n’offre pas assez de productivité pour un usage intensif, elles est donc proposée comme solution d’appoint lorsqu’on travaille depuis son domicile ou depuis un Webcafé. Office Web Apps pourra aussi être déployé dans les murs de l’entreprise, en complément d’un portail de GED SharePoint.

Le positionnement est donc très différent de celui de Google.

Premiers tests

Je teste une « technical preview » qui est bien entendu incomplète : la version finale doit sortir courant 2010.

Les interfaces sont très agréables : identiques à celles d’Office 2007, plus colorées et moins minimalistes que celles de Google Docs. Elles sont familières et devraient avoir la préférence des utilisateurs habitués à Office.

L’autre avantage de taille est de pouvoir travailler directement dans les formats OpenXML d’Office. Ainsi, il n’y a pas de problématique de conversion, et donc pas de bug d’affichage. De plus, il est très simple de passer d’Office à Office Web App dans les 2 sens.

Au jour d’aujourd’hui Excel Web App et PowerPoint Web App permettent d’éditer des documents, tandis que Word Web App ne le permet pas. Si l’on compare précisément les périmètres fonctionnels, il est clair que Google Docs est plus avancé : Excel Web App ne propose pas de faire des graphes, des tableaux croisés dynamiques, de la coloration conditionnelle, des scripts, etc. PowerPoint Web App permet d’éditer les textes, mais pas les figures.

J’ai relevé une différence notable sut la prise en main : Office Web Apps ouvre par défaut une page de description des documents, puis les documents en lecture seule ; un troisième clic  est nécessaire pour accéder à l’édition. Il est possible que cette ergonomie soit dictée par des préoccupations de performance perçue par l’utilisateur. En effet, passer par plusieurs pages successives permet de charger les modules en tâche de fond et d’éviter une impression d’attente pour l’utilisateur. Cette approche a sa pertinence, car l’attente est aujourd’hui très mal perçue sur le Web.

J’aurais voulu tester la coédition simultanée à plusieurs, mais je n’ai pu le faire avec un seul compte de test. Elle semble possible dans Excel Web App : un bouton « Data » offre des options de rafraichissement du document. J’ai hâte de tester cette fonction, car elle constitue pour moi un « usage magique » dans Google Docs.

Conclusion provisoire

Si Office Web Apps est moins avancé que Google Docs, je pense que nous allons voir arriver rapidement de nouvelles fonctionnalités. De son côté, Google a annoncé d’importantes nouveautés pour début 2010. Une course va s’engager entre les deux acteurs pour offrir la plus belle offre fin 2010, pour le plus grand intérêt des utilisateurs que nous sommes.

Je me demande cependant jusqu’où ira Microsoft : si Office Web Apps a pour vocation d’être une solution d’appoint, elle ne devrait pas reprendre toute la richesse d’Office. Par contre, Google a intérêt à proposer le plus de fonctionnalités possibles pour inciter les utilisateurs à sortir d’Office.