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Mois : septembre 2009

eBooks : où allons nous?

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J’ai eu l’occasion de faire une veille active sur les eBooks ces derniers temps, et je vous propose une petite synthèse de ma perception de ce marché.

Un basculement inexorable du marché de l’édition ?

J’ai déjà parlé dans ce billet de la mutation des marchés de la musique et de la vidéo à la suite des pratiques de téléchargement illégal. Le monde de la presse est lui aussi en souffrance avec le basculement progressif des lecteurs et annonceurs vers la presse en ligne. Nous avons ainsi assiste à la disparition progressive de la presse papier informatique (Le Monde Informatique, Décision Informatique, CIO, etc.) ; et les bloggeurs commencent à constituer une forme de concurrence pour les journalistes et les auteurs.

Dès lors, le métier de l’édition semble être le prochain candidat à un changement de paradigme. Je pense que seront visés dans un premier temps : l’édition « jetable » au format poche (romans de gare), les livres scolaires, techniques ou spécialisés, la presse quotidienne et spécialisée. Puis pourrait venir le tour de la presse magazine et de la littérature.

Les « bouquineurs »

Francis Pisani a introduit le terme bouquineur sur son blog pour désigner les lecteurs de contenus eBook. Ces lecteurs sont des interfaces d’un nouveau genre avec un écran permettant un grand confort de lecture et une grande autonomie. Ils reposent presque tous sur la technologie d’ « encre électronique » E-ink, issue du MIT Media Lab.
Parmi leurs avantages sur les livres papier, on peut citer : les gains en poids/espace, la navigation hypertextuelle, la recherche plein-texte, le marque page intégré, l’ajustement  de la mise en page (taille des caractères), le caractère non permanent des annotations, la restitution simple des ouvrages en cas de perte, le moindre prix au livre, la possibilité d’intégrer vidéo & son, la vocalisation du livre.

Leurs principaux inconvénients sont : la perte du rapport au papier et du feuilletage, des annotations souvent limitées, un besoin de recharge, une certaine fragilité, les problèmes de pérennité des formats et des DRM, l’absence de notion de livre d’occasion.

Leur marché est en pleine explosion en cet automne 2009 :

  • Sony propose 3 modèles : le Reader Pocket Edition, le Reader Touch Edition (tactile), le Reader Daily Edition (connecté en 3G)
  • Amazon propose 2 modèles, malheureusement indisponibles en Europe : le Kindle (format poche) et le Kindle DX (format quotidien). La plateforme Amazon est très innovante car les Kindles ont été les premiers appareils directement connectés à une librairie en ligne en 3G.
  • iRex propose l’iLiad, vendu avec la version numérique des Echos
  • De nombreux autres modèles sont annoncés pour la fin de l’année : iRiver Story, Endless Technologie BeBook, Asus Eee-Book, Plastic Logic e-Reader, etc.

L’iPhone constitue un outsider de taille : avec 3 millions de lecteurs d’eBook, c’est la plateforme qui connaît la plus forte adoption.

Les formats d’eBooks

Il existe de nombreux formats disponibles :

  • des formats dits « classiques » : PDF, RTF, TXT, DOC, etc.
  • des formats propriétaires dédiés aux eBooks : Amazon AZW & MobiPocket, Sony BBeB, etc.

Le format le plus prometteur pour devenir un standard est ePub, un dérivé de XML, publié par le l’International Digital Publishing Forum (IDPF). Il est supporté par Google, Adobe, Sony, et d’autres…

Les forces en présence

Une des premières initiatives de numérisation de livres a été le projet Gutenberg, une entreprise menée à partir des années 70 par un philanthrope nommé Michael Hart. Ce projet porte uniquement sur des ouvrages libres de droits. Il en propose 30 000 en téléchargement.

Amazon a de son côté numérisé plus de 350 000 livres pour les besoins de son Kindle Store. Il est d’ailleurs possible de feuilleter ces livres en ligne depuis la librairie « papier » avec la fonction « search inside this book ».

Google même des travaux de numérisation titanesques en partenariat avec les bibliothèques universitaires, avec pour objectif de scannériser 50 millions de livres. La démarche de Google est un peu « au forceps » car la numérisation est effectuée avant de négocier avec les éditeurs. D’où une certaine exaspération de ce secteur…

Enfin, l’open content alliance est un regroupement d’acteurs qui souhaitent réagir à l’hégémonie de Google. Cette initiative a été lancée par Internet Archive et quelques universités. Elle a été rejointe par Yahoo, Amazon et Microsoft, dont les intentions sont un peu moins claires.

Les éditeurs et distributeurs « traditionnels » sont en phase d’observation car le marché du eBook est encore limité. Dunod, la Fnac ou Barnes & Nobles ont lancé des initiatives intéressantes… L’enjeu pour eux est de ne pas tomber dans le syndrome de Kodak qui est complètement passé à côté de la photo numérique.

sur le sujet je vous suggère de lire le blog d’Hubert Guillaud.

Ma perception

Il est clair pour moi que l’avènement des eBooks est une formidable opportunité pour l’auto-édition et pour une prise de parole renforcée des amateurs et autres bloggeurs.

Notons au passage que le risque de piratage des eBooks est grand car un livre pèse beaucoup moins lourd qu’un film ou un morceau de musique. Cependant, la lecture n’est pas un « divertissement » au même titre que la musique ou le cinéma. Peut-être cet aspect sera-t’il un frein au piratage de masse.

Il serait souhaitable pour nous, les utilisateurs, qu’ePub devienne un vrai standard et que l’on puisse accéder depuis n’importe quel bouquineur à n’importe quelle librairie d’eBooks, de préférence via une connexion 3G.

Enfin l’initiative de Google fait débat. Pour ma part je trouve positif que Google publie gratuitement 1 million d’ouvrages libres de droits au format ePub. S’il passe un peu au forceps, le géant de Moutain View fait tout de même bien avancer les choses.

Enfin, d’après ce que j’ai compris, Google numérise gratuitement pour le compte des bibliothèques en leur remettant une copie des ouvrages numérisés. Google ne sera donc pas le seul dépositaire de la connaissance collective : des duplicata existeront. En échange, le géant de Moutain View demande une exclusivité sur la recherche plein-texte dans les livres pendant 25 ans.

Cela me semble être un accord juste.

Qu’en pensez vous?

2010, une grande année pour Microsoft

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J’ai eu la chance d’assister à la conférence de presse de rentrée de Microsoft la semaine dernière.
L’année à venir va être riche en sortie de nouveaux produits. Je vous propose une petite synthèse de ce que j’en ai retenu :

L’efficacité individuelle

Le géant de Redmond utilise le terme d' »Efficacité individuelle » pour qualifier les outils de type poste de travail. Figurent dans cette catégorie :

  • Windows 7 : selon les observateurs, le nouveau système de Microsoft semble une bonne synthèse entre la vélocité de XP et l’ergonomie de Vista. Et Microsoft le présente comme le premier système moins gourmand que son prédécesseur. Il est probable que les entreprises vont l’adopter massivement. Malgré tout, Microsoft a choisi une communication plutôt humble, certainement pour faire oublier le lancement en fanfare de Vista.
  • Office 10 : Cette version d’Office intègrera Office Web Applications, que j’attends avec impatience. Malheureusement, l’accès en béta-test semble repoussé sine die.
  • de nombreux autres outils de collaboration unifiée (voir ce billet), parmi lesquels Visio, Project, Exchange, et Sharepoint vont sortir en version 2010.

Le cloud privé

Microsoft entend par Cloud Privé sa gamme d’outils serveurs destinés à une installation dans les murs de l’entreprise.
Cette terminologie choque un peu le puriste que je suis : pour moi, cloud signifie avant tout informatique déployée sur Internet (voir ce billet). Néanmoins, de plus en plus d’acteurs utilisent ce terme.
Le cœur du cloud privé de Microsoft est Windows Server 2008 R2, avec ses nouvelles fonctionnalités de virtualisation.
A terme, le géant de Redmond proposera l’ensemble de sa gamme d’outils serveurs en version logicielle et en version hébergée dans son cloud public.

Le cloud public

Le cloud public de Microsoft est bien sûr Azure, dont j’ai déjà largement parlé dans ce billet et celui ci.

Vers plus d’ouverture…

Microsoft met de plus en plus l’accent sur l’ouverture depuis quelques temps. Parmi les initiatives les plus intéressantes, on peut citer :

  • un partenariat renforcé avec la recherche et les universités : INRIA, SciencesPo, Polytechnique/CNRS
  • la montée en puissance de l’initiative InterOp, sur laquelle travaille mon ancien collègue Jean Christophe Cimetiere. Un InterOp Lab doit même ouvrir à Paris.
  • Le lancement d’une fondation Open Source : la CodePlex Foundation. Cette fondation a pour ambition de reproduire le succès d’Eclipse dans le monde .NET. De même qu’IBM a lancé puis donné son indépendance à Eclipse, Microsoft souhaite donner progressivement son indépendance à sa fondation.

Les grincheux diront qu’il s’agit du nouvelle fourberie du grand Satan. Mais je pense, pour ma part, que Microsoft est vraiment en train de changer sous l’impulsion de Ray Ozzie. Le mouvement open source, que Ballmer avait systématiquement diabolisé, est enfin pris en compte à sa juste valeur…

Il me semble que les nouveaux « satans » sont en fait les acteurs les plus en vogue en ce moment : Google avec sa scannéristion massive de livres, Apple avec son AppStore verrouillé. Finalement, Microsoft pourrait bien se recréer une image positive auprès des informaticiens.

Qu’en pensez-vous?

Apple mérite t’il un procès anti trust ?

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La blogosphère a beaucoup commenté, pendant l’été, le caractère fermé et propriétaire de l’iPhone d’Apple : en particulier, le refus de certaines applications, comme Google Voice, sur l’AppStore a fait couler beaucoup d’encre.

Il est vrai que Microsoft a été poursuivi pour l’intégration de Windows avec Internet Explorer ou Windows Media, tandis qu’on n’a jamais reproché à Apple le caractère propriétaire des Macs.
Si l’on compare les approches de ces adversaires de toujours, il apparait que :

  • Microsoft propose avec Windows un système d’exploitation fermé avec quelques applications liées, mais offre une grande ouverture côté matériel et logiciel. Des centaines d’appareils utilisent Windows et son parc applicatif est gigantesque. Microsoft joue donc la carte de l’ouverture avec un immense écosystème de partenaires. Cette ouverture se fait parfois au détriment de la performance si l’on considère les exemples de Vista et Windows Mobile 6.
  • Avec le Mac, Apple maitrise le matériel, le système d’exploitation MacOS, et un certain nombre d’applications packagées (Safari, Mail, iLife, etc.). Le parc applicatif développé par des tiers est moins vaste que celui de Windows.
  • Avec l’iPhone, les choses vont encore un peu plus loin car Apple maitrise matériel, système et une dizaine d’applications natives (Safari, Mail, équivalents iLife) ; de plus il est interdit de concurrencer les applications natives et Apple décide de la diffusion ou non d’une application. La raison invoquée pour le contrôle des applications est le souhait de garantir une expérience utilisateur toujours fluide en éliminant les applications peu stables ou peu performantes.

Dés lors, pourquoi faire des procès anti-trust à Microsoft et non à Apple?
Je propose plusieurs explications :

  • Il est clair que les attaques contre Microsoft viennent du caractère dominant de Windows. Apple reste un acteur de niche qui s’adresse aux esthètes (dont je fais partie). Cependant, les choses sont en train de changer avec l’iPhone qui vient de dépasser Nokia en terme de parts de marchés en France.
  • Apple ne revendique pas l’ouverture comme Microsoft avec son initiative InterOp. Son approche consiste à dire que la maitrise de bout en bout garantie à l’utilisateur une expérience cohérente, fluide, simple. Sur ce plan, la réussite est totale.
  • Il est très simple et sans risque de supprimer Safari ou iLife des Macs (en les glissant dans la poubelle). Apple pourrait aisément cesser de les préinstaller si un procès surgissait. Par contre Internet Explorer est complètement mélangé à Windows.

A ce stade, il me parait intéressant de comprendre pourquoi Internet Explorer est si intégré à Windows. En 1997, à l’apogée de la gloire de Netscape, la société de Marc Andreessen voulait créer un navigateur qui recouvrerait complètement Windows, à la manière des firepc que j’évoquais dans ce billet : Projection sur le FirePC. La réaction de Microsoft a été d’intégrer le Web dans le bureau Windows avec Active Desktop. C’est cette initiative qui est à mon sens à l’origine de l’intégration forte Internet Explorer/Windows. Active Desktop a été un échec pour des raisons ergonomiques, mais il a créé une adhérence que Microsoft ne peut plus casser et qui lui a valu de nombreux procès antitrust. Depuis, l’intégration du bureau avec le Web a été repensée avec plus de succès avec les Widgets (cf. ce billet).

En conclusion, je dirais qu’il existe finalement trois modèles de systèmes d’exploitation :

  • le modèle propriétaire revendiqué des Mac/iPhone, qui propose des outils assez innovants, mais qui exaspère les partisans de l’ouverture
  • le modèle complètement ouvert de Linux/Android et de l’écosystème Open Source, plutôt suiveur sur le plan de l’ergonomie
  • le modèle semi-ouvert de Windows/Windows Mobile qui a connu son heure de gloire mais est un peu chahuté depuis quelques temps.

Qu’en pensez vous?