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Mois : avril 2008

Petit panorama des plateformes de Cloud Computing

Posted in tendances

A la suite de l’annonce de Google App Engine, et en réponse au billet de Frédéric Cavazza (voir ce lien), je me propose de faire un petit panorama des plateformes de Cloud Computing.

Force.com

Commençons par celui qui a inventé les grands concepts de la « platform as a service ». Salesforce a proposé la première plateforme multi-tenant majeure (voir ce billet : Application en ligne & architectures « multi-tenant ») qui permet d’accéder à un large catalogue d’application SaaS (AppExchange) éditées par la société elle même ou par des tiers. Salesforce a par ailleurs annoncé récemment l’intégration des outils collaboratifs de Google avec AppExchange.

La société a introduit les termes de :

  • Infrastructure as a service : un Data Center à haute disponibilité, dont il n’est pas nécessaire de connaitre l’architecture pour pouvoir l’exploiter
  • Database as a service : une architecture de données à très grande volumétrie
  • Development as a service : un environnement de développement et test intégré à la plateforme
  • Integration as a service : un bus d’échange intégré à la plateforme
  • Etc.

Si la plateforme force.com est la plus avancée à ce jour, elle utilise malheureusement un langage propriétaire, AppEx, qui n’est portable sur aucune autre plateforme. Développer sur force.com, c’est donc se lier à la plateforme.

Amazon Web Services

L’offre d’Amazon est apparue à la suite du constat suivant : le commerçant en ligne avait une capacité de stockage et de traitement supérieure à ses besoins, qu’il pouvait revendre.
Amazon Elastic Compute Cloud (EC2) permet ainsi le déploiement de machines virtuelles chez Amazon afin de tirer partie de leurs capacités de traitement. Tandis que SimpleDB et Simple Storage permettent respectivement de stocker des données structurées en non structurées.

Avec EC2 Amazon n’offre pas vraiment de plateforme multi-tenant, mais plutôt l’exécution de machines virtuelles intégrant les couches classiques (système d’exploitation, serveur d’application, application).

Google App Engine

J’attendais depuis longtemps la naissance de la plateforme de Google qui n’avait jusqu’à présent proposé qu’un petit environnement de scripting : Google Mashup Editor.
Google propose donc App Engine, un environnement d’exécution basé sur le langage Python et qui devrait prochainement s’ouvrir aux langages PHP et Ruby. Leur solution de persistance s’intitule BigTable.
Des ingénieurs astucieux ont déjà réussi faire tourner App Engine sur d’autres plateformes (voir ce lien).
Je pense qu’App Engine sera à terme une plateforme plus ouverte que force.com

Microsoft S + S (Software + Service)

Microsoft n’est pas issu du Web, mais du monde des éditeurs. Ainsi sa stratégie vise à concilier le modèle d’éditeur de logiciel (Software) avec celui de fournisseur de service (Service). De part son passif, l’éditeur de Redmond ne peut pas être aussi tranché que Google ou Salesforce et affirmer que les applications exploitées dans l’entreprise vont disparaitre. Il propose donc un modèle où des technologies identiques seront utilisées en Intranet et sur des plateformes multi-tenant. Ainsi, les développeurs familiers de .NET utiliseront leur langage habituel pour produire des SaaS.
Microsoft n’a encore que très partiellement dévoilé les composants de sa plateforme : l‘éditeur a présenté SQL Server Data Services et Biztalk Services. D’autres annonces vont probablement arriver prochainement.

Je ne parle pas pour l’instant des plateformes de Sun ou IBM encore mal connues.
Je vous propose un petit tableau récapitulatif.

multitenant-small.jpg

Vista SP1 : un non évènement

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Je teste depuis à peu près un an le nouveau système de Microsoft, Vista, et je suis obligé de constater qu’il est difficile d’être positif sur ce produit. Les conclusions que j’avais donné dans ce billet (Allons-nous passer à Vista ?) restent assez justes : nous allons passer à Vista pour de mauvaises raisons.

On avait annoncé le Service Pack 1 de Vista comme la solution à tous les bugs et problèmes de performance, et comme le signal de l’adoption massive par les entreprises.
Après quelques semaines de test de ce SP1, je constate que certains bugs (comme la gestion du Wifi) ont été corrigés, mais que d’autres perdurent (liaisons entre objets avec PowerPoint 2003, synchronisation avec Windows Mobile, etc.). De plus, le système est toujours aussi lent au démarrage.

Il semble que Vista est la somme de tout l’historique de Windows depuis le début des années 90, et que la compatibilité ascendante depuis presque 20 ans en fasse une usine à gaz.
La direction d’Apple a pris une décision risquée à la fin des années 90, celle d’introduire une rupture dans son système en créant MacOS X. Je pense que Microsoft devrait prendre la même route avec Windows 7 et rebâtir un système sur la base d’un noyau simple et de composants optionnels. La compatibilité ascendante pourrait être assurée par la virtualisation, domaine dans lequel Microsoft progresse à grande vitesse.
Je suggère donc à Microsoft d’abandonner Vista et de rebâtir son système phare autour d’une souche moderne, comme Windows Mobile.

Et il me semble que les entreprises devraient sauter Vista, comme elles le font avec certaines versions d’Office, en attendant le prochain Windows.

Qu’en pensez vous?

ajout du 14 avril : le cabinet d’analyse Gartner a annoncé « l’effondrement de Windows » en fin de semaine dernière, ce qui va dans le sens de ce billet.

De la pertinence d’Internet comme média (suite)

Posted in perspectives

J’ai déjà évoqué dans ce billet ma vision des avantages du Web par rapport aux médias classiques comme la radio et la télévision (diffusion à la demande, contenus ciblés, meilleure qualification pour les annonceurs).

Les statiques de fréquentation lors de la soirée des municipales semblent me donner raison. En effet, les grands sites d’information, comme lemonde.fr, ont eu une audience supérieure à celle des chaines de télévision : 4 millions d’internautes, contre 3,5 millions de téléspectateurs (cf. cet article).

La désaffection de la télévision pour le Web est donc en marche. Elle est d’autant plus inexorable que les « digital natives », jeunes de moins de 25 ans, passent aujourd’hui plus temps sur le Web que devant la télévision.

Les grandes chaines sont conscientes de cette mutation ; elles diffusent quasiment toutes leurs journaux télévisés sur le Web et construisent des plateformes de vidéo à la demande sophistiquées.
On peut citer comme exemple :

Cette mutation est une bonne nouvelle pour les usagers qui choisiront leurs contenus plutôt que de se laisser diriger par les grilles de programmes.
C’est aussi une bonne nouvelle pour les médias qui pourront développer des services innovants (exemple : accès à des fiches d’information sur des films ou documentaires) et collaboratifs (exemple : partage de contenus préférés) autours de leurs contenus.

Pour ma part, je ne pense pas racheter de télévision à l’avenir, mais la remplacer par un navigateur Web. Et vous ?