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Mois : février 2008

Les technologies qui sous-tendent l’ubimedia

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Je reviens sur la thématique de l’ubimedia, déjà évoquée dans ces billets : Qu’est ce que l’ubimedia ?, Ubimedia & respect de la vie privée.

Mon propos est aujourd’hui de cartographie les technologies nécessaires à la concrétisation de l’ubimedia.

La nécessaire banalisation des processeurs

L’ubimedia nécessite d’intégrer des capacités de traitement informatique dans des objets de la vie courante (porte, réfrigérateur, etc.).Cela repose bien entendu sur la miniaturisation et la baisse des coûts des processeurs.
Cette banalisation devrait déboucher à court terme sur l’envahissement de notre quotidien par de petits objets communicants mono-tâches. Un bon exemple est le Chumby : il peut servir de réveil, d’horloge, d’affichage météo, etc. en fonction de la pièce dans laquelle on le place et du service qu’on active.

A plus long terme l’ubimedia se concrétisera par des nanotechnologies permettant une plus haute intégration des traitements. Un bon exemple est le concept phone Morph de Nokia.

L’essor des communications sans fil

La prolifération des objets communiquant passera bien entendu par des technologies sans fil (il serait inconcevable de voir nos pièces envahies par des câbles).
Parmi les technologies déjà opérationnelles, on peut citer : le Wifi, le BlueTooth, les technologies de téléphonie 2G & 3G.
D’autres sont annoncées : Le Wimax ou le Wireless USB.

Nos objets communicants auront aussi besoin d’une adresse sur Internet pour gérer leurs échanges : IPV4 étant dors et déjà saturé, IP V6 prendra le relais en permettant plus de 667 millions de milliards d’adresses par millimètre carré de surface terrestre.

La miniaturisation des sources d’énergies

Les objets ubiquistes devront avoir un certain niveau d’autonomie sur le plan énergétique (toujours pour éviter l’envahissement de notre espace par des câbles).

Dans ce domaine, on attend beaucoup des piles à combustibles pour améliorer les performances des batteries actuelles.
A plus long terme, on devrait voir apparaitre des objets autonomes sur le plan énergétique : une énergie produite grâce à l’utilisation du mouvement ou de la chaleur corporelle.

Diverses typologies de capteurs

Les appareils ubiquistes doivent pouvoir prendre des décisions sur la base d’informations contextuelles, extraites de notre environnement. Pour cela, ils ont besoins d’une panoplie de capteurs. On peut classer ces capteurs en deux catégories :

  • Les capteurs qui nécessitent un émetteur spécifique, comme les technologies sans contact RFID et NFC. Un exemple de ce type d’émetteur est le Passe Navigo de la RATP.
  • Les capteurs qui interprètent directement l’environnement : reconnaissance vocale, reconnaissance de forme, biométrie, etc.

Les facettes de l’identité numérique

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A la suite de mon billet sur OpenID, je propose de faire un point sur les technologies d’identité numérique.

Il me semble que les solutions d’identité numérique prennent aujourd’hui trois grandes orientations :

La fédération d’identité

J’ai évoqué cette thématique dans différents billets (ici ou ). Il me semble que la fédération devrait à terme remplacer le couple annuaire LDAP + SSO (Single Sign On) pour gérer la sécurité des accès.

Il existe malheureusement diverses technologies de fédération (voir ce billet) :

  • OpenID est le bon choix pour un site Web
  • Pour un déploiement en entreprise, les candidats sont : SAML, Shibboleth, Liberty, WS-Federation. L’arrivée de SAML 2.0 devrait réconcilier ces différentes technologies.

Pour mémoire, la fédération ne donne pas d’indication sur la façon de gérer l’authentification. Dans ce domaine, les entreprises ont de nombreux choix : identifiant/mot de passe, certificat, SecurID, etc.

Les « pages blanches »

On trouve généralement dans l’intranet de l’entreprise une interface de consultation des données d’identité des collègues ; elle permet aussi à chacun de mettre à jour ses coordonnées. J’appelle cette interface « pages blanches ». Les « pages blanches » sont généralement basées sur un annuaire LDAP et une interface Web. Les logiciels de messagerie utilisent le protocole LDAP pour y accéder.

Dans le monde ouvert du Web, une solution comme Plaxo se rapproche des « pages blanches » d’entreprise. Elle permet en effet à chacun de partager une identité à jour avec ses connaissances.

Les réseaux sociaux

Il existe deux types de réseaux à orientation professionnelle :

  • Les réseaux hébergés et publics comme Linkedin.com, viadeo.com, 6nergies.com. Il devraient à terme devenir interopérables au travers d’OpenSocial, un standard proposé par Google pour partager son graphe social, c’est à dire sa liste de contacts.
  • Les réseaux internes à l’entreprise, permettant de fédérer des collaborateurs autour de centres d’intérêt ou de projets communs. IBM fournit une solution pour cet usage, intitulée Lotus Connections.

je vous propose un petit schéma récapitulatif des facettes technologiques de l’identité numérique.

technosIdentite2.jpg

Pour une information plus orientée « usage » sur l’identité numérique, je vous conseille l’excellent travail de la FING dans le cadre de son programme « identité actives« .

OpenID : le décollage ?

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Je suis depuis longtemps un enthousiaste des principes de la fédération d’identité qui, je le rappelle, proposent deux fonctions :

  • Une fonction « sécurité » : la fédération permet à des applications de déléguer leur authentification à un serveur d’identité en bénéficier d’un Single Sign On.
  • Une fonction « mise à disposition de données d’identité » : la fédération permet de publier une fiche d’identité (nom, prénom, coordonnées, âge, etc.) et de gérer l’accès à cette fiche par des applications désireuses de connaitre ces informations (exemple : site de commerce électronique)

Dans mon enthousiasme, j’avais prévu la montée en puissance d’OpenID en 2007 (cf. ce billet).

L’adoption du protocole n’a pas été aussi rapide que je l’aurais espéré, mais il semble que les choses devraient bouger prochainement : en effet, Google, IBM, Microsoft, VeriSign, et Yahoo! ont rejoint la semaine dernière la fondation OpenID.

De nombreux services d’identité OpenID sont aujourd’hui disponibles sur le Web. Parmi les plus intéressants, je citerais :

  • Personal Identity Provider de Verisign : ce service issu d’un acteur majeur du monde de la sécurité permet une authentification renforcé via CardSpace (cf. ce billet) ou via un porte clef (voir ci-dessous) générant des mots de passe à usage unique.
  • Orange OpenID : ce service est pertinent pour les abonnés d’Orange, qui préféreront confier leur identité à leur opérateur plutôt qu’à un acteur américain comme Microsoft ou Yahoo.

token.jpg

Le support d’OpenID par Google, IBM, Microsoft, VeriSign, et Yahoo! est une bonne nouvelle. Mais il reste à savoir comment ces acteurs vont supporter le protocole. En effet, ils peuvent utiliser OpenID pour proposer :

  • Un service d’identité utilisable par des services tiers
  • des applications compatibles OpenID

Personnellement, je préfèrerai, pour des raisons de sécurité, gérer mon authentification et mon identité chez Verisign ou Orange, et utiliser les services Google/Microsoft/Yahoo sur la base de cette identité. Mais je ne suis pas du tout certain que ces acteurs accepteront de voir fuir de leurs serveurs les précieuses données d’identité de leurs utilisateurs.
Je crains qu’OpenID soit pour eux un moyen de renforcer leur connaissance de leurs clients, plutôt qu’une ouverture vers plus de choix pour ces derniers.

Qu’en pensez-vous ?

Le modèle Open Source dépasse le marché des logiciels !

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En visite au salon Solutions Linux, où je venais soutenir mes collègues du pôle Open Source, j’ai eu une intéressante discussion avec l’un d’entre eux sur le logiciel Asterisk.

Ce logiciel propose des services de communication voix/vidéoconférence sur IP. Il est particulièrement proche des standards de la collaboration comme SIP, H.323, Jabber, RTP, etc. ce qui en fait une référence en terme d’interopérabilité et de facilité d’intégration. Il est compatible avec la plupart des « softphone » (téléphones logiciels) du marché.

Asterisk est très innovant dans son modèle économique, car non seulement sa partie logicielle, mais aussi sa partie matérielle sont Open Source.
En pratique, les plans des circuits intégrés, nécessaires à la fabrication d’un central téléphonique basé sur Asterisk, sont libres. Ce qui signifie que quiconque disposant d’un atelier de flashage de circuits intégrés peut fabriquer un central téléphonique (j’ai manipulé un dispositif de ce type pendant mes études : il s’agit d’un système de sérigraphie par ultraviolet sur plaque de silicium). Bien entendu, cela ne veut pas dire que le central téléphonique a un prix de revient nul.

Le recours aux logiciels Open Source suscite une forte adhésion en France, adhésion qui pourraient se renforcer si le gouvernement suit les recommandations du rapport Attali : 20% de logiciels libres dans le secteur public à l’horizon 2012.

Par conséquent, on pourrait imaginer que les architectes et les industriels français suivent le modèle en proposant des plans libres de droit pour :

  • des immeubles de type HLM
  • des automobiles d’entrée de gamme comme la Logan
  • des appareils électroménagers ou de HiFi d’entrée de gamme
  • etc.

Cette approche renforcerait la pertinence de la comparaison de l’Open Source avec les génériques dans le monde pharmaceutique (cf. ce billet : Open Source & Système d’information écologique).

Qu’en pensez-vous ?

Retour sur la standardisation des formats documentaires

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Lors de mon passage au salon Solutions Linux, cette semaine, j’ai eu l’occasion d’échanger avec une collaboratrice d’OpenOffice sur la normalisation des formats documentaires.

J’ai déjà parlé dans un billet (2007 : un cauchemar bureautique ?) de la guerre des formats entre :

  • Open XML de Microsoft, ratifié par l’ECMA, et utilisé dans Office 2007
  • ODF (Open Document Format), ratifié par l’ISO et l’OASIS, et utilisé dans Open Office, Star Office, Lotus Symphony, Google Docs, etc.

En octobre 2007, une annonce avait défrayé la chronique : l’ODF Fondation décidait de sponsoriser un autre format intitulé CDF (Compound Document Format). Ce format issu d’anciens travaux du Consortium W3C offrirait un méta-modèle capable d’unifier les 2 précédents.

Cette annonce avait fait du bruit car elle sous entendait que les créateurs d’ODF abandonnaient leur format. Mon interlocutrice d’OpenOffice m’a précisé que cette initiative émanait de 2 personnes isolée, et qu’elle ne remettait pas en cause l‘adoption d’ODF. Le format continue à vivre et sa version 1.2 doit prochainement être soumise à l’ISO pour ratification.

Il faut noter qu’Open XML doit repasser en commission devant l’ISO d’ici quelques semaines, ce qui devrait relancer le débat sur la bataille Open XML/ODF dans le presse informatique.

A suivre, donc…