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Mois : janvier 2008

Ubimedia & respect de la vie privée

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Il est clair que l’informatique ubiquiste (cf. ce billet) posera des problématiques de respect de la vie privée.

En effet, l’ubimedia permet en théorie de suivre chacun de nos faits et gestes, et de faire des recoupements à grande échelle sur notre comportement et nos actions. J’ai déjà évoqué cette problématique dans un tribune sur le Journal du Net : Espoirs et appréhensions autour des RFID.

La CNIL travaille sur cette problématique et elle identifie de 4 types de risques :

  • L’insignifiance apparente des données traitées : on donne trop facilement sa date de naissance à un supermarché qui propose une carte de fidélité.
  • La priorité donnée aux objets vis-à-vis des personnes : des appareils innovants séduisants, peuvent faire perdre de vue leur impact sur la vie prive.
  • La logique de mondialisation qui prime sur les règlementations locales : la notion de vie privée est très variable selon les pays, la France est plus attentive sur ce sujet que nombre d’autres nations.
  • Le risque de « non vigilance » individuelle : la vigilance peut s’éroder avec le temps, comme par exemple avec les cookies des navigateurs que nous avons fini par accepter.

Pour répondre au mieux à ces risques, on peut envisager plusieurs pistes :

  • Rester vigilant sur l’usage des données privées : c’est le rôle de la CNIL
  • Ne laisser les technologies ubiquistes collecter que des informations imprécises et les purger régulièrement : il s’agit de limiter les possibilités de recoupement les plus gênantes, celles qui permettaient à des tiers de nous espionner.
  • Forcer les technologies ubiquistes à se signaler : par exemple, une signalétique bien visible pourrait nous informer que nous entrons dans une zone où des capteurs de présence/mouvement/reconnaissance d’iris/etc. sont actifs.

Avez vous d’autres idées?

pourquoi le terme " ubimedia " ?

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A la suite de mon dernier billet sur l’ubimedia, j’ai eu des remarques sur la pertinence de cette terminologie.

Il est vrai que le terme n’est pas explicite, pas « autoporteur » comme diraient certains de mes clients.

Ce terme, proposé par Adam Greenfield, a deux racines : l’ubiquitous computing et le multimédia.

L’ubiquitous computing désigne une informatique omniprésente dans le monde réel, parfois qualifiée d’informatique pervasive ou d’informatique ubiquiste. Ce nouveau paradigme informatique est basé non plus sur le PC, mais sur des objets quotidiens intégrant des processeurs et donc des capacités de traitement.
L’adjonction du suffixe média vient du constant suivant : les années 90 ont été celles de la numérisation et de la pénétration de l’informatique dans tous les médias (écrit, musique, vidéo, films, etc.). Les prochaines années seront celles de la pénétration de l’informatique dans tous les domaines du quotidien. Ainsi l’ubimédia est le successeur du multimédia.
J’ai trouvé que l’approche de Greenfield était intéressante, et n’ayant pas trouvé de terme français plus approprié, j’ai gardé cette expression.

Je reste cependant ouvert à un autre terme, dès lors qu’il est constitué d’un seul mot.
Peut être finirons nous par employer un de ces acronymes en 3 lettres dont l’informatique est friante?
Vos suggestions sont les bienvenues….

Qu’est ce que l’ubimedia ?

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L’ubimedia est un néologisme inventé par Adam Greenfield (dont je vous conseille l’excellent EveryWare) : il désigne l’« informatique omniprésente », ou « informatique ambiante », c’est à dire une informatique qui envahit notre quotidien pour nous simplifier la vie, nous faire gagner du temps, décharger notre cerveau de la mémorisation de données logistiques (itinéraires, agenda, etc.).

Je vais entamer une série de billets sur ce sujet (à noter : je l’ai déjà abordé dans ce billet sous l’appellation « internet des objets »).

Je vous propose une définition au travers de 2 schémas qui présentent les passerelles entre le monde réel et le monde informatique :

  • le premier schéma présente le monde actuel : les seules interfaces entre les 2 mondes sont les PC ou terminaux mobiles, caractérisés par des interfaces de type clavier/écran
  • le second schéma présente le monde à l’heure de l’ubimedia : les passerelles sont multiples entre les 2 mondes et les typologies d’interfaces très diverses. On trouve par exemple des interfaces sonores / lumineuses (cf. le lapin Wifi Nabaztag), gestuelles (cf. la Wii de Nintendo), multi-tactiles (cf. Microsoft Surface), ou même invisibles (cf. les GPS ou RFID).

l’ubimédia offre d’énormes opportunités ergonomiques. Voici un exemple qui m’a marqué dans l’ouvrage de Greenfield : les laboratoires de recherche de Nokia ont créé une fausse photo encadrée à placer sur son bureau. Cette photo représente un paysage urbain avec des rues. Elle est en réalité changeante, mais elle le fait de manière imperceptible. Elle est reliée la boite de messagerie de son propriétaire et l’image change selon l’engorgement de cette boite. Si elle est un peu engorgée, un embouteillage se forme dans la ville ; si elle l’est plus, des tanks apparaissent sur les routes ; enfin, si la boite est très engorgée, des vautours apparaissent dans le ciel.
On nomme ce type d’application « technologie calme« , car elle pousse une information sous une forme non disruptive, non stressante pour l’utilisateur.

Les interfaces de type invisible sont capables de mener des traitements sans validation humaine, comme par exemple, la détection d’une rupture de stock et la commande automatique depuis une armoire pharmaceutique, un réfrigérateur, une machine à café, etc.
Elles font émerger un problème classique des technologies IT : trouver un juste milieu entre la protection de la vie privée et des services qui font gagner du temps. Pour mémoire, cette problématique a déjà existé avec les cookies des navigateurs, la localisation liée aux traces laissées par les cartes bancaires, la localisation par téléphone cellulaire. Elle prend une nouvelle dimension avec l’ubimeda.
Nous auront l’occasion de développer cette problématique…

Les Tendances IT pour 2008

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En ce début 2008, je vous propose de me plier au traditionnel exercice de projection sur les technologies émergentes.

Je m’étais déjà livré à cet exercice début 2007 (cf. ce billet).

Montée en puissance des SaaS

J’ai beaucoup évoqué ce sujet en 2007 (voir : Application en ligne & architectures « multi-tenant », Développer et diffuser des applications en ligne, Vers le SI en ligne, SI en ligne et rôle de la DSI).

Il a énormément progressé, en particulier avec la montée en puissance des plateformes de Salesforce, Google, Facebook, Amazon Web Services, etc. Les grands éditeurs (Microsoft, Oracle, IBM, SUN, etc.) se sont aussi positionnés sur le sujet pendant l’année.
En 2008, la maturation de ces solutions et les réductions de coûts associées vont convaincre de plus en plus d’entreprises d’externaliser certaines de leurs fonctions informatiques.

Consolidation de l’identité numérique

En 2007, j’ai beaucoup parlé de la fédération d’identité (voir : Qu’est ce que l’identité numérique ?, OpenID : l’identité numérique opérationnelle sur le Web, Enfin un standard unique de fédération d’identité ?).

Le sujet n’a pas avancé aussi vite que je l’espérai.
Par contre, les réseaux sociaux ont connu une forte montée en puissance, en particulier avec Facebook. Ces réseaux tendent à devenir des plateformes pour des services gravitant autour de l’identité et du graphe social. Un standard proposée par Google pourrait les rendre interopérables : Open Social.

Deux manières d’aborder l’identité numérique ressortent donc aujourd’hui :

  • Les réseaux sociaux proposent une orientation présentation de données d’identité (sexe, age, adresse, gouts, etc.) axée sur le graphe social
  • La fédération d’identité propose une orientation authentification, SSO et présentation de données d’identité

Espérons que ces deux approches convergeront en 2008. J’aurai l’occasion d’en reparler au cours de cette année.

Montée en puissance des services mobiles

J’ai évoqué dans ce billet les opportunités offertes par les nouvelles offres « illimitées » des opérateurs français et par les terminaux de dernière génération comme l’iPhone.

Pour moi, au delà de l’aspect ergonomique, la grande innovation de l’iPhone est de proposer l’accès à des services en ligne (météo, Google Maps, etc.) dès son écran d’accueil. Avec cette nouvelle génération de terminaux et forfaits, la mobilité sort du carcan voix/SMS/photo/musique pour proposer de véritables interfaces vers les services en ligne.
Les opportunités offertes pour 2008 par ce changement de paradigme sont immenses.

Emergence de l’Internet des objets

J’ai profité des fêtes de fin d’année pour lire « Everyware: The Dawning Age of Ubiquitous Computing » d’Adam Greenfield. Cet excellent ouvrage traite de l’informatique pervasive, appelée aussi informatique ambiante, internet des objets ou ubimédia. L’idée est d’équiper les appareils de notre quotidien de capacités de traitement d’informations et de communication.

Les exemples classiques sont : le réfrigérateur qui commande automatiquement du lait, l’appartement qui augmente le chauffage en constatant que votre température corporelle est basse, la caisse enregistreuse qui détecte automatiquement le contenu de votre caddie, etc.
Les technologies sous-jacentes sont la localisation GSM ou GPS, les RFID (voir : Espoirs et appréhensions autour des RFID, RFID & annuaires de produits), les NFC (voir : NFC, vers la fusion entre téléphone et carte de paiement), les Mobile tags (voir : Code barre 2D : le fossoyeur des RFID ?).

Je reviendrai sur ces usages très prometteurs, quoiqu’un peu effrayants en terme de vie privée, dans les prochains jours.