Evolution de la plateforme Flash/Flex

Adobe a annoncé aujourd’hui le passage de Flex à l’Open Source : c’est l’occasion de faire le point sur la plateforme Flash/Flex, architecturée autour du format SWF.

Composant de plateforme

Cette plateforme est constituée des éléments suivants :

  • Le runtime Flash (gratuit) : pour exécuter des contenus au format SWF au sein de pages Web (approche RIA)
  • Le futur runtime Apollo (gratuit) : pour exécuter des contenus au format SWF à partir d’une application embarquée (approche RDA)
  • L’environnement Flash CS3 (payant) : pour développer des contenus SWF statiques
  • L’environnement Flex Builder 2, basé sur Eclipse (payant) : pour développer des contenus SWF dynamiques, en fonction du contexte utilisateur
  • Le Flex 2 SDK (gratuit) : pour générer les contenus SWF dynamiques à partir d’un serveur
  • Le composant serveur Flex Charting 2 (payant) : pour générer des graphiques à la volée
  • Le composant serveur Flex Data 2 services (payant) : pour l’intégration à des données de type Back Office

Cette plateforme évolue depuis quelques années vers une certaine exhaustivité technologique, qui l’autorise de plus en plus à se mesurer aux plateformes JEE et .NET. Notons cependant que Flash/Flex est orienté Front Office.
Elle est complétée par une offre collaborative (Lifecycle et Acrobat Connect) qui concurrence partiellement les offres de collaboration Microsoft et Lotus.

Evolution vers l’Open Source

L’évolution de la plateforme Adobe vers l’Open Source peut s’expliquer par 2 facteurs :

  • Generator, ancêtre de Flex a été supplanté par des alternatives Open Source. Et Flex est aujourd’hui menacé par la solution libre OpenLazlo. Rendre Flex Open Source donne donc une réponse aux communautés qui souhaitent développer des composants libres.
  • Les éditeurs concurrencés par Microsoft se tournent souvent vers l’Open Source pour résister à l’éditeur de Redmond (cf. Real, Palm, Novell, Apple, etc.) En publiant le code source de Flex sous licence MPL, Adobe se rapproche encore de la communauté Mozilla, à laquelle l’éditeur avait déjà donné son moteur JavaScript. Adobe devrait ainsi bénéficier du support d’une communauté anti-microsoft (dans laquelle Google est très présent).

Cette évolution est donc très pertinente dans le cadre de la guerre des interfaces riches entre Microsoft et Adobe (cf. ce billet).

Un prochain pas dans cette direction pourrait consister à :

  • Rendre Flex Builder Open Source et gratuit
  • Adopter le format de description d’interface XUL (au lieu de MXML)

En faisant cela, Adobe se positionnerait clairement aux coté des communautés Mozilla et Eclipse, ce qui lui donnerait une capacité de résistance accrue à Microsoft.

Guillaume Plouin

Directeur informatique chez Deveko. Auteur chez Dunod. Conférencier autour du Cloud et des Géants du Web.

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