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Mois : octobre 2006

Projection sur le futur des outils Mozilla

Posted in perspectives

La fondation Mozilla dispose aujourd’hui d’un couple de logiciels de référence :

  • Firefox, le navigateur le plus sophistiqué à l’heure actuelle grâce à son écosystème d’extensions (voir ce billet) ;
  • ThunderBird, un client de messagerie de référence, à tel point qu’Eudora a choisi d’abandonner son moteur pour se greffer sur celui de Mozilla (cf. abandon par Borland de Jbuilder au profit d’Eclipse). Il manque toujours à ThunderBird la gestion d’agenda et de tâches, mais l’extension Lightning devrait à terme lui permettre de rivaliser avec Outlook.

La fondation Mozilla est par ailleurs en train d’achever un RunTime comparable par certains aspects à la machine virtuelle Java ou au framework .NET, intitulé « XUL runner ». Si XUL Runner ne séduit pas les entreprises pour l’instant, du fait du manque de compétences XUL sur le marché, on peut parier qu’il va prendre la direction qu’a pris Eclipse RCP en devenant un socle d’exécution de référence pour les applications Open Source.

Si on considère l’offre de Mozilla comme un ensemble de logiciels collaboratifs Open Source en devenir, on peut imaginer qu’elle viendra un jour concurrencer deux offres très intégrées :

  • L’offre de Microsoft bâtie autour d’Office/Groove et Office Communicator ;
  • L’offre Workplace d’IBM bâtie sur Eclipse RCP.

Dès lors, on peut imaginer que Mozilla fournira un jour :

  • Un outil de messagerie instantanée : une version améliorée de ChatZilla intégrant la voix, l’échange de fichiers, etc.
  • Un traitement de texte : on n’en est pas très loin puisque la fondation dispose d’un éditeur HTML et d’un correcteur orthographique ;
  • Un tableur : ça semble possible puisque XUL permet de manipuler des DataGrids (grille de calcul) ;
  • Un outil de présentation : ce sera l’outil le plus complexe à développer, compte tenu de l’existant.

Ces nouveaux outils seraient plus beaucoup simples qu’OpenOffice dont ils ne couvriraient que 20% de fonctionnalités correspondant à 80% des besoins utilisateurs. Ils utiliseraient son format de fichier OpenDocument. Ils tireraient avantage du puissant système de déploiement et de mise à jour de Mozilla.

Mozilla pourrait laisser la communauté développer ces outils sous forme d’extensions, mais on perdrait en homogénéité.

On peut imaginer que cet ensemble d’outils Mozilla serait utilisé par les usagers de services bureautiques Web 2.0 (comme Google Docs & Spreadsheets), lorsqu’ils souhaiteront travailler en mode déconnecté, c’est-à-dire depuis un train ou un avion. Cette possibilité est d’autant plus vraisemblable que Firefox 2 a introduit un système de gestion du mode déconnecté.

Ainsi, je ne serais pas étonné de voir se renforcer les partenariats entre les acteurs du monde Web 2.0 et Mozilla.

J’aurais souhaité discuter de ces projections avec Tristan NITOT lors de la soirée de lancement de Firefox 2, la semaine dernière, mais je me suis inscrit un peu tard…

Espérons qu’il tombera sur ce billet…

L’identité numérique & CardSpace

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CardSpace est le nom d’un nouveau composant intégré dans Windows Vista qui permettra aux utilisateurs de centraliser leurs données d’identité : J’ai déjà évoqué CardSpace dans ce billet et celui-ci.

CardSpace permettra aux utilisateurs de Windows de gérer leurs identités professionnelle, personnelle, administrative, etc. Il propose pour cela une interface unique, qui ressemble à un sélecteur de cartes de visites.

CardSpace permet de protéger les identités par un code PIN, à la manière des cartes bancaires, afin de protéger les utilisateurs contre un usage abusif de leur identité : l’usurpation d’identité.
L’accès à CardSpace gèle le bureau Windows pour interdire toute interaction avec d’autres applications, l’objectif étant d’empêcher les chevaux de troie ou keylogger d’agir.
Cette interface sécurisé, inspirée des cartes de visite et cartes de paiement est extrêmement intelligente : elle a été pensée pour ne pas rebuter les utilisateurs, et les accompagner dans les concepts un peu complexe de l’identité numérique.

Sur le plan technique, CardSpace est aussi très bien pensé. Le système peut accéder à :

  • Des identités stockées sur serveur (comme un annuaire d’entreprise ou un serveur d’identité compatible WS-Federation)
  • Des identités stockées en local sur le PC pour les services incompatibles avec les serveurs d’identité. Dans ce cas, CardSpace permet d’accéder à plusieurs services avec un seul identifiant/mot de passe stockés par Windows. Il se rapproche ainsi du gestionnaire de mot de passe d’Internet Explorer.

CardSpace est une belle innovation de Microsoft : la communauté Open Source Eclipse l’a d’ailleurs reprise en lançant le projet Higgins

Fertilité des écosystèmes Open Source

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Un billet proposé par Hugues Marguet de SQLI Consulting et qui reparle du "Système d’Information écologique" :

Tout le monde connaît les avantages techniques du modèle Open source : ouverture du code permettant le peer review, généralisation du bêta testing pour approcher une qualité logicielle totale. Ainsi, le succès de logiciels comme Apache, pierre angulaire de la plupart des serveurs d’application J2EE, est lié à la qualité logicielle obtenue (proportionnelle au nombre de contributeurs !) Il en va de même pour les distributions de Linux, qui ont eu la chance d’avoir plusieurs centaines de milliers de contributeurs, relecteurs bénévoles et correcteurs occasionnels.
Même Microsoft, en distribuant massivement la version bêta de Vista et d’Office 12, semble chercher à bénéficier d’un bêta testing massif et accrédite ainsi une des qualités du modèle Open Source (sans toutefois livrer son code source…)

Tous ces avantages sont donc bien établis sur la plan technique. Cependant, le modèle grignote progressivement un pan très important des enjeux informatiques actuels : le poste utilisateur. Si Firefox par exemple représente à l’heure actuelle plus de 10% du marché des navigateurs dans le monde, ce n’est pas seulement du à la qualité logicielle (qui reste perfectible) mais plus à l’avance fonctionnelle sur son concurrent Internet Explorer. Même la future version d’IE7 ne fait que reprendre certaines fonctionnalité anciennes de Firefox, la navigation par onglets par exemple. Cette fonctionnalité illustre à elle seule la puissance désormais fonctionnelle du modèle Open Source :

En ouvrant la code source du navigateur, Mozilla laisse à de nombreux contributeurs la possibilité de proposer des plug-in au gré de leurs envies. Certains restent anecdotiques ou farfelus, mais d’autres ont une réelle plus-value fonctionnelle : c’est la cas de la navigation par onglets. Et comment la fondation Mozilla se rend compte de la pertinence fonctionnelle d’un plugin ? simplement en les proposant sur son site et en les classant par popularité !
Les utilisateurs finaux ont alors la possibilité d’ajouter ces add-on (c’est le cas dans Firefox, Thunderbird ou encore Eclipse) en fonction de leurs besoins fonctionnels.
Cela constitue une sorte d’écosystème Darwinien, dans lequel des initiatives sont retenues en fonction de leur succès et de leur adéquation fonctionnelle avec les demandes des utilisateurs. Les utilisateurs voient le périmètre fonctionnel de leurs applications s’enrichir progressivement, au gré d’une sorte de sélection naturelle.
Ainsi, la fondation Mozilla, déjà en préparation de Firefox 3, vient tout juste d’ouvrir un espace Wiki sur son site afin de recueillir les suggestions fonctionnelles de ses futurs utilisateurs !

Chacun peut donc cultiver son propre « jardin logiciel » en décidant d’y planter les essences de son choix. Le logiciel Open Source devient ainsi une sorte de substrat sur lequel peuvent s’épanouir des projets connexes. Libre à chacun de construire soi-même son « jardin » ou de choisir une solution « clé en mains » qui serait proposée toute packagée par des sociétés extérieures ou encore dans le cadre de l’entreprise définie par les responsables de l’architecture du poste de travail.

Qu’est ce que l’identité numérique ?

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On observe une montée en puissance de la dématérialisation des échanges dans divers cadres : applications d’entreprise, applications grand public Web 2.0, application de télé-déclaration, etc.
Ainsi, pour éviter l’effet « big brother » et adresser ses différents besoins, il devient nécessaire pour l’utilisateur de gérer différentes identités dans le monde numérique.

Ainsi, nous disposerons tous à terme au moins de :

  • Une identité professionnelle, rattachée à des coordonnées professionnelles (intitulé de poste, service de rattachement, numéro de téléphone, de fax, de bureau, etc.). Cette identité permet l’authentification vis-à-vis des applications d’entreprise (messagerie, intranet, applications métiers, etc.). Elle est généralement stockée dans l’annuaire LDAP d’entreprise.
  • Une identité personnelle, rattachée à des coordonnées personnelles (adresse privée, téléphone privé, etc.). Elle permet de s’authentifier vis-à-vis d’applications grand public comme des sites de commerce éléctronique.
  • Une identité administrative, rattachée à des coordonnées administratives (numéro de sécurité sociale, identifiant pour les impôts, dossier médical partagé, etc.). Elle permet de mener à bien les procédures administratives.
  • D’autres typologies identités émergeront, surtout pour des utilisateurs désireux de bien segmenter leur vie : identité réservée aux amis, identité réservée aux achats en ligne, identité réservée aux abonnements à des lettres d’information, etc.

Perspectives pour l’identité professionnelle

Afin de pouvoir partager l’identité professionnelle avec des applications externes à l’entreprise (comme des applications en ASP), des nouvelles normes ont émergé autour du concept de fédération d’identité : voir ce billet, cet article du JDNET, cet article dans 01 Informatique.

Ces concepts ont donné lieu à de nouveaux standards : SAML, Liberty, WS-Federation, que les entreprises françaises devraient étudier tant leurs bénéfices sont intéressants.
Notons que ces standards sont dors et déjà implémentés dans les produits Microsoft, IBM, Novell, Sun et Oracle. Leur faible adoption tient à la mauvaise compréhension des concepts d’identité.

Perspectives pour l’identité personnelle

Aujourd’hui, l’identité personnelle n’est pas centralisée, mais dispersée dans les différents sites accédés (hotmail, amazon, etc.). Il existe cependant quelques initiatives dans le monde du Web 2.0 pour la centraliser comme Verisign Personal Identity Provider, Microsoft Windows Live ID, Google Account, getopenid.com, myopenid.com, mais elles restent encore immatures, peu ouvertes et peu exploitables.
A l’exception de Windows Live ID qui supporte WS-Federation, ces offres émergentes ne supportent pas les standards évoqués ci dessus.

On peut supposer qu’à terme, la gestion de l’identité personnelle sera déléguée à un opérateur télécom ou à un grand acteur de l’Internet comme Yahoo, Google ou Microsoft.

Perspectives pour l’identité administrative

L’identité administrative devrait être gérée au travers de la carte d’identité électronique INES (Identité Nationale Électronique Sécurisée), mais ce projet semble ne pas se concrétiser dans un futur proche, du fait de discussions houleuses avec la CNIL.
De fait, l’identité administrative piétine en France…

Montée en puissance de l’identité numérique

Les outils de gestion de l’identité numérique sont en pleine maturation, et ce domaine est jugé comme stratégique par les grands éditeurs.
Microsoft est particulièrement présent sur ce marché au travers de Kim Cameroun, brillant responsable de son offre. Un des éléments les plus innovant de cette offre est CardSpace, qui sera présenté dans un prochain billet…

De la nécessité de refondre de temps à autre…

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Au bout de quelques années, la maintenance des applications informatiques se heurte fatalement à des problématiques d’évolutivité : même avec la meilleure volonté du monde, l’empilement de couches correspondant à diverses évolutions fonctionnelles aboutit souvent à un agrégat de rustines. L’architecte de l’application initiale n’étant pas devin, il n’avait pu anticiper les évolutions des besoins utilisateurs.

Les applications métiers

De fait, il faut, de temps à autre, refondre une application pour repartir sur des bases saines. Et ce d’autant plus que les méthodes et bonnes pratiques de développement gagnent chaque année en maturité : la refonte permettra de bénéficier de ces évolutions.
Il existe heureusement des fondamentaux qui permettent d’espacer ces refontes au maximum :

  • Le développement objet par framework : il permet une architecture modulaire et la plus maintenable possible ;
  • Les architectures orientées services (SOA) : elles étendent cette modularité à l’échelle du système d’information, et minimisent le code à modifier en cas de changement de périmètre fonctionnel ;

Les langages de programmation

Ce qui est vrai pour les applications l’est aussi pour les langages.

Ainsi, les concepteurs de Java ont essayé de résoudre les limites de C++ (la gestion de la mémoire, en particulier). Et les concepteurs de .NET ont essayé de reprendre les bons côtés de Java, en simplifiant le travail du développeur (la comparaison de Java et .NET a ses limites, car elle oppose un monde ouvert à un monde fermé).
Ruby On Rails est le dernier langage en date à apporter une réflexion approfondie sur la productivité du développeur dans un contexte Web. Il dispose d’un atout important : il peut être exécuté sur un serveur d’application Java grâce au runtime Jruby. Ce langage objet simple et productif devrait intéresser de plus en plus les entreprises qui souhaitent lancer des refontes dans les années à venir…

Les progiciels & systèmes d’exploitation

La nécessité de refonte s’applique aussi aux progiciels : ainsi Oracle et SAP sont en train de réécrire leur plate-forme en architecture SOA. De la même manière, IBM réécrit ses outils de collaboration Lotus en Java.

Coté système d’exploitation, Apple a complètement réécrit Mac OS il y a quelques années.
Les nombreux débats autour de la sortie de Vista élèvent la question de la refonte de Windows… Pour ma part, je pense depuis déjà quelques années que le système d’exploitation innovant de Microsoft est Windows Mobile, et qu’il devrait un jour remplacer Windows dans les entreprises (cf. cet article du Journal du Net).

Et vous, qu’en pensez vous?

Ce billet fait suite à un échange avec Sébastien Adgnot de SQLI Paris.